Pompiers du Rhône : le PCF aux côtés d’une profession à bout de souffle 

Autour de la table, trois représentants de Sud, dont une agente administrative, et un représentant de la CGT. Face à eux, Benoît Roux, secrétaire fédéral du PCF du Rhône, les conseillères métropolitaines Michèle Picard et Aline Guitard, Philippe Bertannier pour la section PCF de Lyon, ainsi que la députée écologiste Marie-Charlotte Guérin et le sénateur écologiste Thomas Dossus. À la sortie, Benoît Roux ne cache pas sa colère : « Ils nous sauvent. Qui les sauve ? Les pompiers sont aux abois : ils manquent de camions, de bras, de mécaniciens, et on leur demande toujours plus avec toujours moins. » 

Le 26 octobre à Lyon, élus communistes et parlementaires écologistes ont été reçus par l’intersyndicale des sapeurs-pompiers du SDMIS. Effectifs en baisse, matériel vieillissant, santé sacrifiée : le PCF du Rhône soutient leurs revendications et la mobilisation nationale du 4 décembre.

+30 % d’interventions, -7 % de pompiers

Le diagnostic posé par les syndicats est sans appel. En quinze ans, les interventions ont augmenté de 30 % pendant que les effectifs reculaient de 7 %. Entrés dans le métier en meilleure santé que la moyenne, les pompiers finissent leur carrière avec une espérance de vie amputée de plus de sept ans. Les techniciens du SDMIS sont payés moitié moins que dans le privé, qui les recrute puis obtient des délégations de service public pour entretenir les véhicules des casernes. « Ils sont aux abois », résume Benoît Roux.

L’État mise sur les volontaires, pas sur l’emploi

La grève de 2024 avait déjà alerté sur ces difficultés, sans résultat : entre le Département et la Métropole, chacun s’était renvoyé la responsabilité. Aujourd’hui, le mouvement est devenu national. Le gouvernement transfère des interventions vers le SAMU ou les ambulances privées, qui ne prennent que les missions rentables, et mise sur le volontariat plutôt que sur l’emploi. Son budget prévoit 200 millions d’euros pour le matériel et rien pour les ressources humaines. Quant au « Beauvau de la sécurité civile », aucune de ses 24 mesures ne répond aux besoins des agents.

L’intersyndicale nationale réclame 2 milliards d’euros d’investissement, notamment pour des tenues protégeant des PFAS, 21 000 postes de pompiers professionnels, la reconnaissance de davantage de cancers comme maladies professionnelles et une prime de feu alignée sur la prime de risque des policiers, soit 28 %.

La Métropole aux abonnés absents 

Dans le Rhône, les besoins sont chiffrés : 

  • 160 postes de pompiers, quand Véronique Sarselli n’en a promis que 80 sur le mandat, 
  • 10 postes administratifs, 
  • 10 postes de techniciens, 
  • une médecine préventive efficace, 
  • aucune ouverture de caserne sans créations de postes, à commencer par celle prévue entre Vénissieux et Lyon 8e. 

Reçus par la Métropole, les syndicats sont repartis sans aucune annonce. Le plan sécurité voté en septembre ne disait pas un mot des pompiers, pourtant compétence métropolitaine. Le Département, lui, se défausse.

Casques déposés le 4 décembre, puis rendez-vous le 14 décembre

Après une journée d’action en septembre restée lettre morte, l’intersyndicale appelle à une mobilisation nationale le vendredi 4 décembre, avec une dépose des casques devant les préfectures de chaque département. Le PCF du Rhône soutient ce mouvement et ses élus porteront ces revendications au conseil de la Métropole du 14 décembre.

PCF Rhône

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